« Jeanke », greenkeeper passionné et fier supporter du KV MECHELEN

Rencontre avec « Jeanke », en pleine action dans le stade AFAS Achter de Kazerne. Une interview du fond du cœur, comme on les aime tant.

Mon jardin, c’est le KV

Jeanke, depuis combien d’années entretenez-vous le terrain du KV Mechelen ?

J’ai commencé comme bénévole à l’âge de 16 ans. Cela fait désormais dix ans que je suis greenkeeper.

Comment vous êtes-vous retrouvé ici ?

J’ai été engagé, car je suis supporter du KV Mechelen. Depuis tout petit, je suis dans la tribune et j’ai grandi avec le KV. J’ai étudié l’horticulture. J’ai effectué mon stage ici, j’ai travaillé pendant les vacances, je suis devenu bénévole, etc. Mais aujourd’hui, je travaille vraiment ici par passion pour le KV. Quand j’étais bénévole, j’étais déjà sur place cinq jours sur sept.

Votre cœur n’a d’yeux que pour le KV ?

Lorsqu’on m’a proposé de venir travailler ici, je n’ai en effet pas dû réfléchir longtemps. Comme tout enfant, quand je venais voir un match, je rêvais de fouler le gazon un jour dans ma vie. Mon rêve s’est réalisé :-). Autrefois, je pédalais dans notre jardin avec un casier de bières attaché à l’arrière du vélo pour dessiner les bandes de gazon dans la pelouse. Ce ne sont pas des blagues ! J’étendais de la craie, j’installais un goal entre les arbres. Je créais mon propre terrain dans notre jardin.

Aimez-vous travailler dans votre jardin ?

Je n’ai plus de jardin 🙂 (rires). C’est volontaire, car mon jardin, c’est le KV. C’est aussi simple que cela.

Greenkeeper, un métier 24h/24 et 7j/7

Il ne s’agit pas uniquement de tondre la pelouse, n’est-ce pas ?

En effet, c’est bien plus que cela. J’aère le sol, je réensemence, je désinfecte, je lutte contre les maladies, je place les lampes… et, bien entendu, je tonds la pelouse. Je dois effectuer ces tâches six jours sur sept et je dispose à chaque fois d’une machine différente. Notre bâtiment principal est juste à côté du stade, ce qui est un avantage pour moi, car je peux aller chercher tout le matériel. Nous avons une infinité de machines dans notre arrière-jardin :-).

Que faut-il pour être un bon greenkeeper ?

Vous devez entretenir le terrain 24h/24 et 7j/7, et être extrêmement flexible. Il faut faire ce qu’il y a à faire, mais la nature détermine parfois vos heures de travail, même si c’est le réveillon de Noël. J’en ai déjà fait l’expérience. Mais je le fais avec plaisir, car je connais le résultat que cela engrange pour le terrain, et donc pour le club.

Vous n’êtes jamais seul

Effectuez-vous ce travail tout seul ?

Non, Jordy me donne un coup de main. C’est un chic type. Nous entretenons trois à quatre terrains à deux. Et au sein de la firme, je peux toujours faire appel à l’expertise de Kim et Thierry. Nous avons une réunion une fois par semaine. Ils possèdent les connaissances théoriques, et moi les connaissances pratiques et l’expérience de ce terrain spécifique.

De nombreux autres professionnels rigoureux travaillent également chez nous. Et vous savez, en cas d’urgence, même le weekend, l’on trouve toujours une solution. Tout est possible. C’est une caractéristique typique de De Ceuster. Le problème doit être résolu.

Que peut-il arriver de mal à une pelouse ?

Une pelouse en voit de toutes les couleurs, surtout un terrain d’entrainement. Après l’entrainement, il faut immédiatement s’atteler à la réparation du terrain. L’on a le contrôle sur de nombreuses choses, mais il y a également de nombreux éléments que l’on ne peut pas contrôler, comme la nature. Nous devons continuellement nous adapter à la météo : temps trop froid, trop chaud, conditions trop humides, etc. Je garde toujours un œil sur la météo.

Tous les ans, la pelouse est entièrement défraisée pour que nous la semions à nouveau. Cette année, nous avons deux semaines en moins pour le faire, car la trêve est plus courte. Ce n’est pas évident. 

Le gazon du KV, l’un des meilleurs de Belgique

Tous les terrains sont-ils différents ?

Oui, évidemment. Ici, tous les terrains sont différents. Certains terrains sont utilisés au quotidien, d’autres moins, ce qui a une incidence sur la méthode de travail.

Qu’avez-vous connu de plus grave ?

De la moisissure sur le terrain qui se détachait pendant le match. Il a fallu travailler. C’était une période extrêmement intensive. Nous avons dû réparer le terrain, le soigner, retirer les bâches, etc. pour résoudre le problème. La neige est aussi toujours « lourde ». Nous la laissons le plus longtemps possible sur le terrain, car elle l’isole, ce qui permet de garder un sous-sol tendre. Nous la dégageons à la main juste avant le match.

Le gazon du KV est-il un bon gazon ?

Notre gazon est considéré comme l’un des meilleurs de Belgique (fierté). Grâce à l’entretien évidemment :-).

Comment obtenez-vous ces bandes rectilignes sur le terrain ?

En utilisant la bonne machine et en la conduisant avec précision. Il faut regarder devant soi et se concentrer, voilà la clé. Si une bombe venait à exploser à 10 mètres de moi, je ne l’entendrais ou ne la verrais pas . C’est aussi du savoir-faire, de l’expérience et du feeling.

Les compliments de Kompany

Vous assumez une grande responsabilité. La pression est-elle importante ?

Oui, absolument, mais nous ne pouvons pas faire plus que notre mieux. J’y mets tout mon cœur, mais comme je le disais, il y a de nombreux facteurs que l’on ne contrôle pas. J’aime que l’on me dise quand le terrain est bon, tout comme j’aime que l’on me dise quand quelque chose ne va pas. 

L’année dernière, lors du match contre Anderlecht, Kompany s’est avancé vers moi pour me dire : « Enfin un bon gazon. » C’est bien entendu très agréable à entendre. Et cela vient d’un joueur de Première League, qui en connait un rayon en matière de gazons. Cela fait plaisir.

Que préférez-vous dans votre métier ?

Les jours de match :-). Cela reste toujours très spécial. Je ressens encore énormément d’adrénaline ces jours-là.

Dans ces moments, regardez-vous le match ou le gazon ?

Les deux ! Quand certains joueurs qui chaussent grand (44-45) font un tacle ou une trace sur la partie moins importante du terrain, je sais que nous devrons redisposer ces mottes de gazon comme un puzzle. Heureusement, vous n’aurez pas cela sur la bonne partie du terrain. Je regarde toujours le match sous deux angles différents.

Pourquoi aimez-vous travailler pour De Ceuster ?

Car c’est un bon employeur, et cela l’a toujours été. Les portes sont toujours ouvertes. Herman était toujours à l’écoute. C’est toujours le cas aujourd’hui avec notre nouvelle « chef », Els, la fille d’Herman, ou avec Kim ou Thierry. Chez De Ceuster, je ne ressens pas la supériorité du chef. Ce que j’aime, c’est que quand je vois Els, elle me dit toujours « Salut, Jeanke ! », m’interpelle, on papote… Je me sens vraiment bien.

Il y a beaucoup de respect et ils savent qu’ils peuvent toujours compter sur moi… Et moi sur eux. Et c’est exactement la même chose au KV. L’ambiance est très familiale. Tout le monde se connait. C’est agréable. Attention ! Nous sommes très professionnels, mais humains.

Jeanke : greenkeeper, supporter et mascotte

C’est également un job unique, n’est-ce pas ?

Oui. Nous sommes peut-être une vingtaine à faire cela en Belgique dans le secteur du football. Il y en a également d’autres dans le secteur du golf.

Les jours de match, vous êtes un collaborateur ou un supporter ?

Cela peut parfois changer en un claquement de doigts. Lorsque le piquet de corner est endommagé pendant une action, par exemple. Dans une telle situation, je sors du groupe de supporters pour aller en chercher et en installer un nouveau. Cinq minutes plus tard, je redeviens supporter :-). Après le match, je remonte sur ma machine pour travailler une heure ou deux.

« Jeanke » est en train de devenir un nom connu au sein du KV Mechelen et dans les alentours. Devez-vous déjà signer des autographes ?

Non, pas encore. Je fais parfois des photos après le match… avec des personnes soules ! (rires). C’est ce qu’il s’est passé en demi-finales contre l’Union. Les joueurs faisaient la fête près des grilles et criaient : « Jeanke ? Où est Jan ? ». Ensuite, je dois chanter une chanson. Cela reste graver. Je fais un peu partie des meubles ici !


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